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HISTOIRE DU JUDO

C'est un ensemble de pratiques de combat à mains nues, apparues au Japon dans un contexte utilitaire et guerrier, puis pénétrés de soucis éducatifs et d'influences quasi-mystiques.

Le ju-jitsu (littéralement : art de la souplesse) est le sol dans lequel le judo a pris racine : c'est à ce titre que nous l'étudions.

La première mention qui en est faite se trouve dans le Nihon Shoki, histoire du Japon rédigée par ordre de l Empereur vers 720 de notre ère. Il s'agit du récit d'un tournoi de lutte (chikara kurabe) tenu en la 7e année du règne de l'Empereur Suinin, soit en l'an 24 av. J.-C...

Nomi No Suxune l'aurait alors emporté sur Taüna No Kuehaya. L'une des démonstrations (ou o écoles u?) de ju jitsu est mentionnée dans un livre de légendes écrit dans la deuxième moitié du Xle s., le Konjaku Monogatari : o yawara u. Le mot o ju jitsu u se trouve dans quelques livres hollandais publiés avant 1600 (dans la période Tokugawa). Avant l'apparition des armes à feu, les combats se déroulaient à distance, avec javelot et arc; de près, avec lance et glaive ou poignard, mais aussi à mains nues (Kumi uchi). De plus, les armes étant réservées aux nobles, les roturiers, pour assurer leur défense ou régler leurs querelles, devaient se battre à mains nues, ou se servir d'outils de travail comme armes. Il faut mentionner le rôle important des moines (errants ou sédentaires) dans la conversation et la diffusion des techniques de combat à mains nues.
Les recettes étaient plus ou moins tenues secrètes et transmises dans la famille ou le clan seigneurial. L'émiettement du pays en domaines féodaux qui entretenaient des querelles incessantes, entraînait l'éparpillement des lavoirs. Les préoccupations, pratiques avant tout, ne permettaient pas de déboucher sur une systématisation, encore moins une théorie.
L'époque du bu jitsu (art du guerrier), à partir du Mlle s., se prolonge jusqu'à ce que les grandes guerres civiles qui ont ravagé le Me et le XIIIe s. se calment peu â peu.
L'époque du bu gei (entraînement du guerrier) voit, dans la période qui correspond à notre Renaissance, apparaître un début de codification des techniques d'apprentissage systématique qui vont déboucher sur l'apparition d' "écoles" (ryu). Les Densho, manuscrits illustrés, décrivent des " prises ", mais aussi des techniques de ligotage d'un prisonnier (torinawa) ou d'approche par surprise, par exemple.
L'époque du budo (voie du guerrier) apparaît avec l'établissement de la paix intérieure par le shogunat (ère Tokugawa, à partir de 1603). Une discipline stricte, une hiérarchie minutieuse, un code d'honneur et de courtoisie scrupuleusement respecté donnent un aspect austère à la vie des nobles : c'est alors qu'on passe du JITSU (art, ensemble de recettes) au do (voie, style de vie). Les écoles, groupées autour d'un maître et non plus d'un suzerain, apparaissent et se multiplient, du XVlle au début du XIXe s.. Elles entreront en décadence à la fin du XIXe s. et laisseront place aux "arts martiaux" modernes, mais sans disparaître tout à fait.

Cette séparation correspond aux origines féodales du ju jitsu, mais aussi à la mentalité orientale, qui se réfère plus volontiers à un maître qu'à un système abstrait. Un livre de 1843, le "Bojitsu ryudo roku" dénombre 159 écoles majeures d'arts martiaux, réparties en 8 familles, dont l'une est le ju-jitsu. A la fin de l'ère Togukawa (règne de l'Empereur Mutsuhito, inaugurant l'ère Meiji, 1868), on recense une vingtaine d'écoles de ju-jitsu, parmi lesquelles Daito ryu, Kyushin ryu, Kito ryu*, Take no uchi ryu, Sekiguchi ryu, Tenshin yo ryu*, Shibukawa ryu, Yoshin ryu, Shi no shindo ryu.
* deux écoles où a étudié Jigoro Kano.

Pour chacune des pratiques ainsi élaborées, la tradition japonaise veut que seul, le fondateur (sho sei) soit le vrai maître. Ses élèves et ses maîtres ne peuvent que revendiquer que le titre de professeur (sen sei). Les bons élèves peuvent obtenir du maître (shi han) le convoité diplôme d'aptitude (men kyo), et plus rarement, le men kyo kaiâen (j'ai tout donné), qui les classe comme ses assistants. Le système hiérarchique des " dan " (degrés) date de l'ère Meiji et ne se limite pas aux arts martiaux (il y a des " dan " de compétence dans la cérémonie du thé ou les arrangements floraux, par exemple).
Les diverses formes de ju jitsu, ou leurs héritières, s'orientent aujourd'hui selon trois directions :
- la sportivisation,
dont le meilleur exemple est le judo.
- l'utilitarisme, avec, par exemple, le tai ho JITSU (méthode de défense et de maîtrise des délinquants utilisée par la police japonaise) ou le Toshu kakuto (méthode de close-combat de l'armée du Japon).
- la maîtrise de soi, que recherche en priorité l'aïkido.

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